Ce que j'ai à dire aujourd'hui

L'idée c'était d'écrire tous les jours. Mais, je n'ai pas tous les jours les yeux ouverts. Aujourd'hui, pas moyen d'avoir les yeux ouverts sur le monde extérieur. Cachée à l'intérieur pour mieux résister aux agressions extérieures. Rester dans le monde intérieur pour ne pas se laisser happer par l'extérieur. Et quand je dis l'extérieur, c'est les autres. C'est comme si fatiguée, je perçois toutes les névroses des autres. Exaltée, je ne vois que ce qu'il y a de bon. Un peu biblique, je sais. Mais, c'est quand je rentre en phase de résistance que je m'enferme. Enfermement, isolement, solitude, le réel devient irréel. Dire ce que j'ai vu aujourd'hui me fatigue d'avance. Parce qu'il n'y a rien à dire sur un client qui fait un foin parce que "the maid" a mis des oreillers à sécher et qu'il ne peut pas sécher son linge. C'est pas grave mec. C'est le même américain qui a décidé de nous faire chier dès que l'occasion se présente. J'ai fait ce qu'il aurait pu faire si la logique faisait partie de son vocabulaire. J'ai enlevé les oreillers en plein mode de séchage et je lui ai laissé la voie libre. Avec 17 minutes de séchage gratos. A sa gueule, on pouvait voir qu'il était ravi d'arnaquer l'hôtel de 17 minutes. En insistant un peu, j'ai senti que je pourrai le tenter avec un jeton gratuit (pour les non-initiés, et là je reprends une expression de scientifiques pour le commun des mortels), un jeton correspondant à temps limité de sèche-linge,comme dans n'imorte quel laverie. Les initiés comprendront le casse-couille que j'avais en face de moi.Est-ce que c'est ça la vie? Pourquoi est-ce que nous ne fait pas des cours à l'école pour nous prévenir qu'il y a toutes ces attitudes mesquines qui vont accompagner notre quotidien? Pourquoi est-ce que nos parents ne nous apprennent que la vie consite à se préserver de ces mesquineries?
Seul moment imprévisible de la journée: dans le métro à 22h passées, un homme s'endort et arrive à suspendre toutes les conversations par son ronflement. Sur l'instant, sourire en coin chez tout le monde, mais dans l'absolu, d'une tristesse absolue. Qui est si fatigué, abruti soit par le travail ou l'alcool, pour s'endormir à poings fermés dans un wagon de métro? Tristesse qui me plonge davantage dans la relecture de Black Album de Hanif Kureishi. Voilà ce que j'ai à dire aujourd'hui.

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