Réveillée à 5 heures, assoiffée à cause du vin que j'ai bu hier soir.Je n'aurai pas dû le prendre ce dernier verre. Journée ennuyeuse au travail. Pas de surprise, juste la routine, les mêmes gestes, les mêmes réponses. Ce qui change dans mon boulot ce sont les clients que je vois. J'ai vu une famille américaine qui vient à Paris grâce à l'association Make a wish. Elle rend vie aux rêves des enfants atteints de maladies graves. Les parents ont la pêche et ils étaient ravis d'arriver à Paris. Bon, sous la pluie mais c'est leur première fois à Paris. Je ne sais pas pourquoi j'ai imaginé le père, seul, sur le pas d'une porte, être sombre à l'idée de se dire que sa fille ne le survivrait pas et qu'il fallait vivre chaque seconde avec cette enfant. Leur fils a une prothèse à la jambe. Et les parents sont dans la communication constante avec leurs enfants. Ils s'amusaient à apprendre des nouveaux mots en français parce que les enfants veulent apprendre le français. Je ne pense pas avoir répondu à leurs attentes d'accueil. J'étais spectatrice alors que j'avais l'occasion d'être actrice dans le déroulement de leur voyage. Je suis la personne qui les accueille pour la première fois en France. J'ai réussi à placer un "Nous sommmes ravis de vous accueillir", mais ça m'a coûté. Utiliser des formules toutes faites qui selon moi entâcherait la sincérité, je pourrais presque dire la pureté de leur voyage, ne me paraissaient pas être adéquat. Et puis, c'est quand je leur ai sorti cette phrase que j'ai réussi à leur décrocher un sourire. Comme quoi, parfois, il ne faut pas chercher midi à 14 heures.
Plus tard, un autre client, encore américain, qui reste plusieurs mois à l'hôtel. On a parlé du changement à Châtelet, la plus grande fourmillière à mes yeux à Paris (quoique Gare du Nord, c'est pas mal aussi!). Il trouve amusant de voir les gens marcher si vite. Je l'ai prévenu qu'il allait arriver un temps où ça ne le ferait plus rire. Je lui ai déjà soufflé un autre itinéraire, en bus, pour se rendre à Roissy.
Après cette journée exténuante d'ennui, à part ces apartés, le métro. Le plaisir d'être au milieu de la masse. Une femme, type antillaise, parlait au téléphone dans ce qui ressemblait à un créole anglophone. Je comprenais les quelques mots d'anglais qu'elle prononçait. ça avait l'air d'être de la plus grande importance. Le type à côté d'elle, type moyen-orient, plus jeune, un casque aux oreilles, totalement indifférent à la conversation téléphonique animée de sa voisine. Juste derrière, une femme, type européen, la soixantaine, le look "j'ai du fric mais je suis plutôt intello- avec ses lunettes à grosses montures rouges- et je vote à gauche" plongée dans la lecture d'un journal. A côté du jeune homme au casque, une mère de famille noire, perd de vue son fils dans le wagon blindé. Elle l'appelle. On entend l'enfant répondre. La mère est rassurée. "Tu restes bien où tu es. On sort dans 5 stations." Deux stations avant l'arrêt, elle répète les indications. Il utilise le ton saoûlé qu'on a tous utilisé avec nos parents: "oui, je sais, j'ai bien compris." A la vois,il ne doit pas avoir plus de 10 ans. Je n'ai jamais vu le garçon. Looks différents, couleurs de peau différentes, coupes de cheveux différentes. C'est comme ça que j'aime le métro. Après le métro, je suis allée me prendre une bouffée d'air frais havrais. Ils se reconnaitront.
Voilà, c'est ce que j'ai vu aujourd'hui.
Qui êtes-vous ?
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire